Transport

Quels coûts réels et aides disponibles pour électrifier une flotte de camions régionaux avec volvo trucks ?

Quels coûts réels et aides disponibles pour électrifier une flotte de camions régionaux avec volvo trucks ?

Je me suis intéressé de près à l’électrification des flottes de poids lourds régionaux, notamment avec les solutions proposées par Volvo Trucks. Beaucoup d’entre vous me posent les mêmes questions : combien coûte réellement la transition ? Quelles aides peut-on mobiliser ? Et finalement, est-ce rentable sur le long terme ? Dans cet article, je partage ce que j’ai appris, des chiffres d’ordre de grandeur et des pistes concrètes pour vous aider à décider.

Pourquoi considérer Volvo Trucks pour une flotte régionale ?

Volvo Trucks propose aujourd’hui une gamme électrique adaptée aux usages régionaux : les modèles comme le Volvo FM Electric (et ses déclinaisons) sont conçus pour les trajets réguliers avec des retours au dépôt, la gestion de charges utile et un confort proche des modèles thermiques. Ce qui m’a marqué chez Volvo, c’est l’approche globale : véhicule, batteries, solutions de recharge et accompagnement opérationnel (planification des itinéraires, maintenance adaptée).

Les postes de coûts à considérer

Quand on parle d’électrification, ce n’est pas seulement le prix d’achat du camion. Voici les principaux postes à intégrer dans votre budget :

  • Prime d’acquisition : le surcoût d’achat par rapport à un camion diesel.
  • Batteries : coût initial ou location (battery-as-a-service) et stratégie de gestion du cycle de vie.
  • Infrastructure de recharge : bornes, transformateurs, travaux électriques, parking adapté.
  • Raccordement au réseau : puissance souscrite, éventuelles demandes de renforcement, délais administratifs.
  • Coûts énergétiques : prix de l’électricité, gestion des heures creuses, contrats d’électricité dédiés.
  • Maintenance et pièces : généralement moins élevée que pour le thermique, mais formation des équipes et outillage.
  • Opérationnel : adaptation des plannings, temps de recharge, éventuellement deux véhicules pour remplacer un camion en recharge longue.
  • Exemples chiffrés — ordre de grandeur

    Pour rendre cela concret, voici une estimation simplifiée pour un camion régional utilisé ~200 km/jour (aller-retour), soit environ 50 000 km/an. Attention : ce sont des valeurs indicatives — elles varient selon le modèle, l’usage, le contrat d’électricité et les aides.

    Poste Camion diesel (annuel) Camion électrique (annuel)
    Coût d’acquisition (amorti sur 7 ans) ≈ 30 000 € / an (achat ~210 000 €) ≈ 45 000 € / an (achat ~315 000 €) - surcoût ≈ 15 000 € / an
    Énergie ≈ 96 €/jour → ≈ 35 040 €/an (diesel ~80 L/j à 1,2 €/L) ≈ 45 €/jour → ≈ 16 425 €/an (élec ~1,5 kWh/km → 300 kWh/j à 0,15 €/kWh)
    Maintenance ≈ 10 000 €/an ≈ 6 000 €/an
    Infrastructure (amorti) 0 ≈ 5 000 à 15 000 €/an selon travaux (bornes, renforcement)
    Total approximatif ≈ 55 040 €/an ≈ 72 425 € → mais avec aides ce différentiel peut disparaître

    Ces chiffres montrent deux choses : 1) le coût d’achat initial est supérieur pour l’électrique, 2) l’énergie et la maintenance sont nettement moins onéreuses, ce qui compense progressivement le surcoût. Selon les aides mobilisées, le point de bascule peut se produire en 3 à 7 ans.

    Quelles aides et financements mobiliser ?

    En France, il existe plusieurs leviers pour alléger la facture :

  • Subventions nationales et locales : l’ADEME, les dispositifs régionaux (régions, départements) et certains fonds de relance (ex. France Relance, France 2030) proposent des aides pour l’achat de véhicules lourds décarbonés et pour l’infrastructure de recharge. Les montants et critères changent : vérifier les appels à projets et les conditions d’éligibilité.
  • Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) : certaines opérations d’infrastructures peuvent bénéficier de mécanismes d’incitation.
  • Aides des opérateurs énergétiques : contrats d’effacement, optimisation des périodes de recharge, offres commerciales pour flottes.
  • Exonérations et avantages réglementaires : réduction/tarification avantageuse sur certaines sections de péage, accès prioritaire ou restrictions allégées dans ZFE (zones à faibles émissions).
  • Montages financiers : leasing opérationnel, location longue durée, battery-as-a-service (pour réduire le CAPEX initial et transférer le risque de dégradation des batteries).
  • Je recommande de lancer un audit subventionnable : de nombreuses régions exigent un diagnostic préalable pour accorder des fonds. De plus, certains constructeurs (dont Volvo) accompagnent dans la constitution des dossiers d’aides.

    Stratégie opérationnelle : comment réduire les coûts au quotidien

    Voici des leviers opérationnels qui, selon mon expérience, font la différence :

  • Optimiser les itinéraires pour limiter la consommation énergétique (éviter les zones fortement vallonnées si possible, regrouper les livraisons).
  • Planifier la recharge en heures creuses et utiliser des contrats d’électricité adaptés (tarifs heures creuses ou offres industrielles).
  • Mettre en place une gestion intelligente des flottes et des bornes (logiciel de gestion de flotte, pilotage de la charge pour lisser la consommation).
  • Envisager la modularité des batteries : certains montages permettent d’acheter des capacités adaptées au besoin journalier et d’ajouter/moduler ensuite.
  • Former les conducteurs : éco-conduite, anticipation, usage des fonctions de récupération d’énergie.
  • Cas concret : calcul rapide de retour sur investissement

    Imaginons une flotte de 10 camions, surcoût d’achat moyen 100 000 € par camion (valeur illustrative), économies carburant + maintenance ≈ 20 000 €/an par camion. Sans aides, le payback serait de 5 ans. Avec aides couvrant par exemple 30% du surcoût et une aide infrastructure, le délai descend facilement à 3 ans. Ces durées varient fortement selon les paramètres : prix d’énergie futur, utilisation réelle, conduite, conditions climatiques.

    Points de vigilance

    Certains points exigent une attention particulière :

  • Autonomie réelle : la donnée constructeur est souvent optimisée ; en conditions réelles (températures basses, charge utile élevée), l’autonomie peut diminuer.
  • Temps de recharge : la recharge rapide nécessite une puissance importante et donc un coût d’infrastructure et de raccordement élevé.
  • Approvisionnement électrique : vérifiez la capacité du réseau local et les délais de raccordement — cela peut être un goulot d’étranglement.
  • Valeur de revente : le marché de l'occasion pour camions électriques est encore en maturation.
  • Enfin, collaborez avec votre constructeur (Volvo propose des ateliers et des équipes dédiées aux projets électriques) et avec des intégrateurs locaux d’infrastructures pour chiffrer précisément votre projet. Un pilote avec 1 ou 2 véhicules est souvent la meilleure manière de valider la solution opérationnellement avant un déploiement massif.

    Si vous le souhaitez, je peux vous aider à préparer une check-list pour un diagnostic de flotte, ou à construire un modèle simple d’analyse TCO adapté à vos données (kilométrage, consommation, prix de l’électricité). Dites-moi combien de véhicules vous avez et vos usages, et je vous fais une proposition chiffrée.

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